|
|
|
| - |
|
L'écoute du client et l'étude de sa
satisfaction |
| Par Geneviève KREBS
© |
|
La notion de qualité concerne
aujourd’hui toutes les entreprises au delà d’une vision dite
«productive». L’amélioration permanente du service et la
satisfaction du client font partie d’une démarche qualité visant non
seulement à répondre à la demande du client, à le fidéliser, mais
aussi à anticiper ses besoins. Il est important pour les
entreprises d’évaluer en permanence la satisfaction de leurs clients
et les attentes du marché pour que leur produit ou service
correspondent parfaitement à la demande (d’autant plus que la norme
ISO 9001 - 2000 est orientée fortement vers le client et vers sa
mesure de satisfaction).
COMMENT INTERROGER VOS CLIENTS
? Plusieurs moyens s’offrent à vous
: L’enquête par voie postale. C’est un moyen
simple et économique, mais le résultat n’est pas toujours fiable.
Souvenez-vous! Vous avez certainement déjà reçu un questionnaire,
souvent très long à remplir... Qu’en avez-vous fait? Dans le
meilleur des cas, vous avez répondu aux six premières questions avec
objectivité, mais la suite? Non seulement ce mode de questionnement
ne donne pas libre cours aux réponses dites « qualitatives », mais
bien souvent le nombre de retours n’est pas très satisfaisant pour
être exploitable. Il ne faut pas oublier que la mise en oeuvre d’une
étude auprès du client, qu’elle soit utilisée pour la définition
d’une stratégie, pour l’amélioration d’un produit, pour un
repositionnement de l’entreprise face aux concurrents, ou autres,
doit impérativement faire ressortir des informations justes et
vérifiées. Engager un travail de réflexion et de prise de décisions
sur la base d’informations non fiables est un danger pour
l’entreprise. En ce qui me concerne, c’est une méthode que je
déconseille absolument, car les informations recueillies ne sont pas
suffisamment fiables pour oser engager une entreprise dans des axes
d’améliorations. L’entretien semi-directif par
téléphone. C’est l’outil qui offre de loin le meilleur
rapport qualité/prix. Si la méthode est correctement mise en place
et contrôlée, les entretiens peuvent être très enrichissants. La
nature des informations recueillies permet en général non seulement
la mise en oeuvre d’indicateurs de satisfaction du client, mais elle
a aussi l’avantage d’apporter des éléments déterminants dans la
définition de la stratégie de l’entreprise. En général le taux de
refus est quasiment nul. Seule, l’indisponibilité des interlocuteurs
recherchés peut être un frein, mais pas insurmontable grâce au
rendez-vous téléphonique. L’entretien en face à
face La qualité de ce mode de recueil d’informations
dépend essentiellement de la relation de l’enquêteur et du
répondant, et de la méthode d’approche utilisée. Il est généralement
conseillé, pour que la relation et la compréhension des propos ne
soient pas biaisée, d’utiliser la méthode de reformulation des
réponses et d’utiliser un vocabulaire qui paraît familier au client
interrogé. La qualité du travail de l’enquêteur se situe également
dans le choix des interlocuteurs à interroger, dans la stimulation
de l’entretien par une bonne communication et surtout dans le
respect du plan d’entretien. L’enquêteur doit être fidèle au plan
retenu et défini selon les objectifs visés par
l’étude. La table ronde C’est un
investissement en temps et en argent. Mais la table ronde reste la
méthode irremplaçable qui vous rendra une vision précieuse des avis
de vos clients. Elle peut également permettre à l’entreprise de se
positionner face à la concurrence et de détecter les attentes
implicites du marché. Les entretiens de groupe se déroulent
généralement dans un lieu confortable, extérieur à l’entreprise si
possible, afin d’éviter toute pression au client. L’animateur a un
rôle très important dans la préparation et la conduite de cette
forme d’entretien de groupe. Sa capacité à faciliter l’expression de
chaque membre du groupe, à gérer les problèmes de temps de parole ou
à renvoyer le contenu des dialogues pour qu’il soit plus approfondi
et enrichi, nécessite une formation à la conduite d’une réunion
créative mais aussi à l’écoute et à la non-directivité. D’autres
moyens existent tels que l’écoute permanente du client,
l’organisation de fêtes, sorties annuelles avec les clients, club,
veille concurrentielle, benchmarking, etc.
COMMENT ORGANISER LA MISE EN
OEUVRE D’UNE DÉMARCHE D’ÉCOUTE DU CLIENT DANS
L’ENTREPRISE. Interroger son client une fois par an
pour mesurer l’évolution du taux de satisfaction est déjà une bonne
démarche. Mais ce genre d’action ponctuelle ne permet
malheureusement pas d’identifier l’évolution du marché à temps, et
donc réagir rapidement aux changements. Les résultats sont plus
riches en mettant en place une démarche d’écoute selon le tableau
suivant : |
 |
|
|
La mise en place d’une telle
démarche demande bien évidemment la connaissance de méthodes
d’approche et de questionnement du client mais aussi l’analyse de
données quantitatives et qualitatives. Il est important d’ailleurs
que les différentes actions soient dirigées et analysées par les
mêmes personnes responsables de l’écoute du client dans
l’entreprise, pour éviter de mauvaises interprétations. L’écoute du
client est l’affaire de tous dans l’entreprise. Le traitement et
l’analyse des informations recueillies restent l’affaire d’une ou de
deux personnes formées aux méthodes utilisées.
DOIT-ON INTERROGER
TOUS LES CLIENTS ? Evidemment non, à moins que vous
n’ayez que quelques clients. La charge de travail serait d’ailleurs
trop importante pour le fonctionnement d’une PME-PMI. Il existe des
moyens permettant d’obtenir un échantillon représentatif de
l’ensemble de la clientèle. Toutefois, il est important de
sélectionner non seulement les clients importants ou satisfaits,
mais aussi : • les clients infidèles • les clients
mécontents • les prospects Suivant le ou les moyens d’étude
que l’entreprise aura sélectionné, l’échantillon pourra être plus ou
moins élevé. Par exemple, dans le milieu industriel, un échantillon
de 30 ou 40 contacts par téléphone suffira. Cela permet après «
déchets » de faire une analyse sur 20 ou 30 entretiens très
qualitatifs. On pourra conforter l’étude par deux ou trois
entretiens en face à face ou l’organisation d’une table ronde.
(Attention ! pour un contact auprès d’une entreprise cliente, il
faudra bien entendu s’entretenir avec les différents interlocuteurs
tels que l’acheteur, le technicien, le responsable qualité, etc.
Bref, il est très important d’obtenir l’information recherchée de la
bouche de l’interlocuteur concerné et non des «à peu près» rapportés
par d’autres).
QUE FAUT-IL
DEMANDER AU CLIENT ? Le questionnaire (ou plan
d’entretien) se construit suivant les objectifs que l’entreprise
aura fixés selon qu’elle cherche à définir : • le taux de
satisfaction du client. • l’image de l’entreprise telle qu’elle
est perçue par le client ou le marché. • les points forts et les
points faibles de l’entreprise. • le positionnement de
l’entreprise par rapport à la concurrence. • les attentes
principales des clients et prospects. • les faits précis qui
détermineront une évolution du CA avec certains clients. • les
attentes du marché en matière d’innovation ou d’amélioration du
produit ou service. Il ne s’agit pas de rédiger des questions
tous azimut. Bien au contraire ! L’élaboration du questionnaire (ou
du plan d’entretien) demande un travail très méthodique qui
nécessite dans un premier temps de supposer les attentes du client
et ensuite de les faire avaliser et compléter par
l’étude. L’écoute permanente du client permettra ensuite
d’orienter plus facilement encore, l’étude ponctuelle réalisée une
fois par an.
QUE FAUT-IL FAIRE
DES INFORMATIONS RECUEILLIES ? Il est évident que le
travail d’écoute ne s’arrête pas au recueil des informations. Ce qui
est important pour l’entreprise, ce sont les résultats qui
ressortiront de chaque action et les axes d’amélioration qui
pourront en découler. Une étude correctement effectuée représente
une mine d’informations utile à : la direction • pour un
positionnement et une réactivité face à la concurrence • pour
l’aide à la définition d’une nouvelle stratégie le service
commercial • pour une meilleure connaissance des clients et
prospects • pour une meilleure agressivité commerciale le bureau
d’étude • pour une orientation des travaux de conception et
d’innovation • pour la mise en place de méthodes d’aide à la
conception telles que le Q.F.D. le service qualité • pour la mise
en place d’indicateurs de satisfaction plus qualitatifs le service
marketing • pour une meilleure définition de la cible visée •
pour trouver de meilleures accroches publicitaires • pour mieux
communiquer sur l’entreprise Dans tous les cas et pour l’ensemble
du personnel, l’écoute-clients, lorsqu’elle est correctement mise en
place et suivie, est une source de motivation. Elle donne à
l’entreprise une image plus réactive et
innovante.
Geneviève KREBS ©, Cap
Entreprise, consultante marketing spécialiste des méthodes
d’approche du client.
|
|
|
|
- |
|
- retour en
haut de page - |
|
© 1999 TDC. Tous
droits
réservés | |